Un point de lumière droit devant ?

par / Steve Clayman

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Steve Clayman

Ça y est !  La proverbiale lumière au bout du tunnel n’est pas un train qui approche. J’ai désinfecté ma boule de cristal pour essayer de comprendre ce qui attend l’industrie de l’isolation mécanique quand nous aurons émergé dans la lumière. Au lieu de m’en remettre entièrement à mes opinions, j’ai obtenu de l’information de base de quelques sources autorisées et voici ce qui en ressort.

Le télétravail n’est pas tout ce qu’il est censé être.  Pour les personnes convaincues que c’est une suite permanente de la pandémie de COVID-19 et qui sont déménagées dans des régions moins onéreuses, plusieurs entreprises ont indiqué qu’elles réduiront les salaires pour tenir compte d’un coût de la vie moins élevé. D’après ce qu’on lit, de nombreux employés s’ennuient de leur bureau, de la collaboration qu’ils vivent au travail et des échanges sociaux. Les employés finiront bien par retourner dans les immeubles de bureaux.

Les ingénieurs mécaniciens sont occupés de nos jours. Selon un sondage non scientifique que j’ai mené dans mes conversations avec plusieurs d’entre eux, les compagnies de gestion et les propriétaires d’immeubles de bureaux veulent que leurs édifices soient sûrs. Pour ce faire, peut-on reconfigurer les canalisations ? Est-il possible d’introduire plus d’air frais et d’améliorer la filtration ? Où des systèmes de purification de l’air peuvent-ils être installés dans les canalisations ? De toute évidence, des propriétés valant des millions de dollars ne peuvent pas rester vides. Nous vivons les effets directs et collatéraux de l’évidement des centres-villes.

Non seulement les propriétaires d’immeubles font-ils face à ces défis, mais encore ils sont chargés de réduire l’empreinte carbone de leurs propriétés dans l’espoir d’obtenir la certification « consommation d’énergie nette zéro ». Ce sont des immeubles commerciaux et institutionnels de toutes catégories qui subissent les évaluations menant à cette désignation.  L’environnement bâti comprendrait tout ce qui est visé par le Code national de l’énergie pour les bâtiments (CNÉB) et les divers codes provinciaux et municipaux de l’énergie et de la construction.

Mettant en évidence ce qui se passe actuellement en matière de modernisation et d’amélioration des bâtiments, le quotidien The Globe & Mail signalait, le 1er décembre 2020, qu’un immeuble de bureaux de 20 étages situé au centre-ville de Toronto faisait en partie l’objet d’une mise à niveau de son installation de CVC vieille de 60 ans. Pour citer l’auteur de cet article, « ce projet démontre la stratégie sectorielle poursuivie pour des investissements durables dans l’immobilier commercial en dépit des revers économiques infligés par la pandémie ». [Traduction]

La province de l’Ontario est dotée d’un Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario (BRF). Plus tôt cette année, le BRF a publié L’infrastructure provinciale – Examen de l’infrastructure de la province et évaluation de son état. Je vais supposer que d’autres provinces ont des protocoles similaires pour leurs rapports.  Je vais supposer également qu’il en va de même pour l’« état » des lieux concernant l’infrastructure des autres provinces. Les catégories d’infrastructure sont : transport en commun, autoroutes et ponts, hôpitaux, écoles, collèges (y compris les universités) et autres. Aux fins du présent article, nous nous concentrerons sur les hôpitaux, les écoles et les collèges.

Selon le rapport du BRF, la « proportion des biens qui ne sont pas en bon état de fonctionnement » est de 45,9 % pour les hôpitaux, de 28,4 % pour les écoles et de 34,9 % pour les collèges. Ces pourcentages comprennent tout, depuis l’enveloppe du bâtiment jusqu’aux carreaux de sol et, bien sûr, le système CVC. Pour vous donner une idée des montants en jeu uniquement pour l’Ontario, le rapport du BRF cite 4,8 milliards de dollars pour les hôpitaux, 3,7 milliards de dollars pour les écoles et 1,0 milliard de dollars pour les collèges. Il s’agit là d’estimations des sommes nécessaires pour rendre ces installations conformes à des normes acceptables. 

Vu l’impact financier négatif de la COVID-19 sur tous les paliers de gouvernement, il est peu probable qu’un gouvernement ait le financement ou la volonté nécessaire pour se lancer dans des entreprises aussi coûteuses. Néanmoins, les besoins en réparations et en améliorations ne vont pas disparaître comme par enchantement. En fait, le nombre d’immeubles à réparer continuera de s’accroître. Il y a des limites à ce qu’on peut faire avec des bandes élastiques et de la gomme à mâcher.

Je vais faire une autre supposition : en règle générale, l’isolation mécanique représente 1,0 % du coût d’un projet. Je vais laisser au lecteur le soin de faire les calculs. Étalé sur jusqu’à dix ans, le potentiel de l’isolation mécanique en matière d’améliorations et de modernisation est considérable.

Les défis continuels posés aux gestionnaires de gros immeubles (qu’ils soient publics ou privés) comprennent l’obligation de réduire leur empreinte carbone tout en s’occupant de la grande quantité de réparations qui s’accumulent et qu’il reste encore à effectuer. 

Une revue américaine en ligne (www.facilitiesnet.com) a publié récemment un article traitant de la progression des hôpitaux vers la réalisation d’objectifs de réduction énergétique, étant donné que ces installations comptent parmi les plus énergivores, toutes catégories confondues. Les hôpitaux fonctionnent 24 heures sur 24, tous les jours, l’année durant, dans toutes les zones climatiques et ils ont des besoins de refroidissement même par temps froid. Cet article fait ressortir le contraste entre les exigences en matière d’alimentation auxquelles les systèmes CVC doivent satisfaire et le besoin de réduire la consommation énergétique. Récemment, un grand hôpital de Toronto a fait installer sur place une centrale de cogénération pour avoir une source totalement fiable d’énergie peu coûteuse. La capacité de cette centrale est telle que les futures expansions de l’hôpital seront faciles à gérer et que toute électricité excédentaire sera vendue et dirigée vers le réseau.

Du point de vue de l’industrie de l’isolation mécanique, presque tout ce qui est actuellement en cours ou projeté nécessitera de l’isolation pour des tuyaux, des canalisations et de l’équipement. De l’isolation mécanique sera installée quelque part. Selon moi, notre industrie a un double défi : accéder aux points d’entrée pour épauler les personnes chargées de concevoir, de gérer et d’acheter les systèmes CVC et, ce faisant, souligner l’économie énergétique et la réduction de carbone réalisables tout en faisant valoir l’importance d’une épaisseur optimale d’isolation et de pratiques exemplaires d’installation. 

Le temps de lire le présent article, on s’est rapproché un tout petit peu du bout du tunnel. L’avenir s’annonce prometteur. ▪