Profil d’entrepreneur : Insul Fibre

par / Natalie Bruckner

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Ce n’est pas toujours un rêve qui inspire l’innovation… c’est parfois la nécessité !

Lorsque Pasquale (Pat) Mastromatteo, propriétaire de Mastro Insulators en Alberta, a estimé ne pas être traité équitablement par les fabricants d’isolation, il a décidé de lancer Insul Fibre plutôt que d’attendre que le problème se règle de lui-même.  C’était en 1958.

« Mon grand-père pensait aussi qu’il pourrait être plus concurrentiel s’il fabriquait les produits isolants que Mastro Insulators installerait par la suite », explique Nicholas Mastromatteo, petit-fils de Pat Mastromatteo, qui est maintenant directeur de l’entreprise.

Pasquale (Pat) Mastromatteo

Il se trouve que Insul Fibre a connu un succès retentissant.  Mais les temps changeaient rapidement, comme les conditions économiques d’ailleurs.  Innovateur dans l’âme, M. Mastromatteo cherchait de nouvelles sources de revenu et, en 1983, Insul Fibre a abandonné la fabrication et a commencé comme entrepreneur d’atelier non syndiqué concurrent de Mastro Insulators. 

« Ce changement était attribuable surtout à la récession que nous traversions à Edmonton dans la foulée de l’effondrement du marché du pétrole, précise Nicholas Mastromatteo. Pasquale, ses fils Larry, mon oncle, et Chris, mon père, ont conclu que l’entrepreneur qui embauche des travailleurs syndiqués ne pouvait pas faire concurrence aux entrepreneurs à ateliers non syndiqués.  Ils ont donc modifié leur modèle d’affaires pour s’adapter à la nouvelle réalité économique. »

Deux ans plus tard, l’entreprise vivait un changement majeur : Larry et Chris faisaient l’acquisition de Insul Fibre auprès de Pasquale. Peu après, ils remportaient les contrats de deux chantiers parmi les plus marquants de l’histoire de l’entreprise.  Tout d’abord, celui de l’hôpital de Yellowknife et ensuite, celui de Saskatchewan Place à Saskatoon. Les débuts n’ont pas été faciles pour les deux frères, mais ce qu’ils ont appris les a aidés à consolider la réputation de l’entreprise.

« Le chantier de l’hôpital de Yellowknife a été parmi les pires pour Insul Fibre, raconte Nicholas Mastromatteo.  Par contre, il a été l’occasion pour Chris et Larry d’en apprendre beaucoup sur le secteur.  À la fin de la récession, les marges bénéficiaires étaient extrêmement minces. »

Selon Nicholas Mastromatteo, dès le début du projet, il était évident que les choses ne se passeraient pas très bien.  « Manque de coordination de la part de l’entrepreneur général ou de l’entrepreneur en mécanique…  L’entrepreneur en mécanique nous a fait isoler des conduites qui n’avaient été testées et qui n’ont pas fonctionné.  L’entrepreneur en mécanique a dû enlever l’isolant et Insul Fibre a dû réinstaller l’isolation plusieurs fois, et à ses frais par-dessus le marché.  Et pire encore, l’entrepreneur général a tenté de transférer le chantier un an plus tôt que prévu alors que le propriétaire refusait la propriété avant la date prévue.  Les fonds étaient retenus et la situation a dégénéré. » 

La leçon a été dure, mais salutaire.  Après le chantier de l’hôpital de Yellowknife Hospital, Insul Fibre a effectué des travaux à Saskatoon dans le chantier de Saskatchewan Place.  Ce projet s’est avéré le meilleur de l’histoire de Insul Fibre ; il a été l’occasion d’établir un bureau satellite à Saskatoon et, plus tard, de déménager définitivement les opérations d’Edmonton à Saskatoon. « Ainsi, Insul Fibre a pu établir de nombreux liens d’affaires importants et ouvrir la voie du succès à Larry et à Chris sur le marché de Saskatoon, et ce depuis maintenant 35 ans », ajoute Nicholas Mastromatteo.

Malgré tout ce qu’il a entendu raconter au sujet des difficultés des premières années, Nicholas Mastromatteo ne s’est pas laissé décourager et s’est lancé à son tour dans l’entreprise familiale. 

En 2016, après avoir reçu son diplôme (majeure en finances et mineure en comptabilité) de l’école des études commerciales de l’Université de l’Alberta, Nicholas Mastromatteo a commencé à travailler pour Insul Fibre aux côtés de son frère Matt. 

Aujourd’hui, Nicholas Mastromatteo, issu de la troisième génération de propriétaires de Insul Fibre, est fier de l’héritage familial et aime le secteur dans lequel il travaille. « Je crois qu’il s’agit d’un des rares corps de métier qui puissent connaître une forte croissance en cette ère verte.  Je suis persuadé que l’ACIT peut se positionner comme chef de file de la révolution écologique.  Sans doute faudra-t-il que le Conseil d’administration de l’ACIT mette les bouchées doubles, mais nous verrons les retombées décupler si nous réussissons à profiter du marché de l’efficience énergétique, » précise-t-il. ▪