Le Canada est à pied d’œuvre… sommes-nous prêts ?

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Par / Tristan Bertram • Directeur des Affaires sectorielles • 825-522-4834 • tristan.bertram@tiac.ca

L’orientation politique et économique du Canada semble évoluer. Après des années de débat sur les grands chantiers, les délais réglementaires, la politique énergétique et les désaccords entre les provinces, les gouvernements se focalisent maintenant davantage sur les moyens d’attirer les investissements, de coordonner les autorisations et de réaliser les projets. Cela ne signifie pas pour autant que tous les chantiers annoncés se concrétiseront ; toutefois, le virage est amorcé. Le Canada s’efforce de développer ses infrastructures énergétiques et commerciales et d’apporter une plus grande sécurité aux investisseurs. Les accords conclus récemment avec l’Alberta et la Colombie-Britannique sont parmi les exemples les plus évidents de ce changement de cap.

Le Canada et l’Alberta ont signé un protocole d’accord portant sur la production d’énergie, le développement du secteur électrique, la tarification du carbone pour l’industrie, le captage du carbone et la construction d’un gazoduc vers la côte ouest. Le gazoduc envisagé et le projet de captage du carbone « Pathways » font encore l’objet d’examens et de consultations supplémentaires, mais, globalement, cet accord témoigne d’une volonté de fournir plus de certitude, eu égard aux investissements énergétiques majeurs.

L’Accord de prospérité et de coopération entre le Canada et la Colombie-Britannique s’inscrit également dans une démarche globale. Il porte notamment sur le développement du GNL, l’expansion de la mine Red Chris, la ligne de transport d’électricité de la côte nord, les ports et les grandes infrastructures de transport. Le gouvernement fédéral a engagé 3,9 milliards de dollars pour les deux premières phases de la ligne de transport d’électricité et jusqu’à 3 milliards de dollars pour le remplacement du tunnel George Massey. Il s’est également engagé à collaborer avec les collectivités et les Premières Nations afin de faire avancer plusieurs projets de GNL.

Cette orientation ne se limite pas à l’Ouest canadien. L’Ontario a signé un accord fédéral-provincial afin de limiter le chevauchement des évaluations des grands projets, tout en continuant à respecter les mesures de protection de l’environnement et la consultation des peuples autochtones. Le Québec a conclu un partenariat fédéral de 10 milliards de dollars sur dix ans, visant les hôpitaux, les établissements d’enseignement supérieur, les infrastructures communautaires, le logement et les transports en commun. Les priorités varient d’une province à l’autre, mais la tendance générale se confirme de plus en plus : les gouvernements cherchent le moyen de mieux se coordonner et de créer des conditions propices à l’investissement.

Le Bureau des grands projets (BGP) fédéral mène de multiples initiatives dans les domaines de l’énergie nucléaire, du GNL, des minéraux critiques et des infrastructures de transport. Le gouvernement estime que ces projets représentent plus de 135 milliards de dollars d’investissements potentiels et plus de 150 000 emplois. Le premier Sommet canadien de l’investissement, prévu les 14 et 15 septembre à Toronto, s’inscrit également dans cette stratégie. Ce sommet a pour but de réunir des investisseurs internationaux, des chefs d’entreprise et les grands investisseurs canadiens afin d’attirer des capitaux dans les secteurs de l’énergie, des minéraux critiques, des infrastructures, de l’intelligence artificielle et d’autres secteurs prioritaires. Le gouvernement fédéral s’est fixé pour objectif de mobiliser 1 000 milliards de dollars d’investissements au total sur cinq ans ; il rapporte avoir obtenu l’engagement de sources étrangères d’investir 97 milliards de dollars lors de l’année écoulée. La véritable épreuve sera de déterminer si cet intérêt se concrétisera par des investissements, des autorisations et des réalisations tangibles. 

D’un point de vue politique, le changement majeur ne réside peut-être pas tant dans un projet particulier que dans la capacité des gouvernements à travailler ensemble. Si une fraction des investissements prévus se concrétise, cela pourrait engendrer d’importantes nouvelles opportunités commerciales et de perspectives d’emploi dans l’ensemble du domaine de l’isolation mécanique. Cependant, une intensification de l’activité augmentera également la pression sur un secteur déjà confronté au manque de main-d’œuvre. L’ACIT s’efforce de faire en sorte que le secteur de l’isolation mécanique soit prêt.

Grâce à un financement du gouvernement de l’Alberta, l’ACIT a mis au point un programme de formation aux compétences fondamentales destiné aux calorifugeurs thermiques et frigorifiques. Comme évoqué dans les éditions précédentes, ce programme combine un apprentissage accessible en ligne et une formation pratique et concrète. À ce jour, plus de 300 participants ont pu bénéficier de ce programme, et nous étudions les possibilités de continuer à proposer cette formation une fois que le projet subventionné en cours aura pris fin.

La qualité doit également rester une priorité. Le programme de certificat d’assurance qualité de l’ACIT fournit un cadre permettant de vérifier que les installations d’isolation mécanique respectent les spécifications des projets. Notre objectif est d’accompagner les associations provinciales qui souhaitent adopter ce programme et d’assurer une plus grande cohérence à l’échelle du Canada. Parallèlement, le comité technique de l’ACIT continue de mettre à jour le Guide des meilleures pratiques en matière d’isolation mécanique, pour aider notre profession à respecter les normes requises pour mener à bien des projets de plus en plus complexes et axés sur la performance.

Il y a des raisons d’être optimistes, mais il reste encore du travail à accomplir. Les pouvoirs publics peuvent créer les conditions propices à l’investissement, les investisseurs peuvent apporter les capitaux, mais c’est au secteur de la construction qu’il incombe, en dernier ressort, de mener à bien ces projets. Nous avons la responsabilité de nous préparer en recrutant et en formant des travailleurs, en observant des normes rigoureuses et en veillant à ce que l’isolation mécanique soit prise en compte dans les discussions qui façonneront la prochaine phase de croissance du Canada. C’est grâce à votre adhésion que ce travail est possible. En soutenant l’ACIT, en partageant votre expertise et en participant à nos programmes et comités, vous contribuez à faire en sorte que notre secteur soit prêt, bien représenté et bien positionné pour tirer parti des opportunités à venir. Merci de votre soutien continu à l’ACIT et de votre effort collectif pour renforcer notre métier à travers tout le Canada. ▪