
Par / Ronald J. Eagar • CPA, CCIF, associé chez Grassi
Les périodes de croissance sont stimulantes pour tout entrepreneur, car elles témoignent d’une forte demande et représentent l’occasion de s’implanter sur de nouveaux marchés, de se lancer dans des chantiers de plus grande envergure ou de s’orienter vers de nouveaux types de projets.
Cependant, compte tenu de la nature cyclique du secteur de la construction, les hypothèses qui étaient valables pendant les périodes plus calmes peuvent ne plus l’être lorsque la demande de projets s’accélère. Planifier et affecter précisément et efficacement les ressources pour chaque projet, compte tenu de la fluctuation des coûts des matériaux et des difficultés liées à la disponibilité de la main-d’œuvre, s’avère délicat.
Les entrepreneurs doivent s’adapter aux hauts et aux bas du cycle de la construction, mais il y a trois erreurs fréquentes qu’ils peuvent éviter pour continuer sur leur lancée et prévenir les tensions :
- Négliger les angles morts en matière de trésorerie lorsque la charge de travail augmente.
Gérer la trésorerie peut s’avérer plus compliqué lorsque le volume des projets augmente rapidement. Pendant les périodes creuses, certains entrepreneurs ont recours à des emprunts entre deux chantiers pour couvrir les coûts de main-d’œuvre et d’équipement ou les frais généraux. Les chantiers de grande envergure entraînent souvent des coûts de mobilisation initiaux importants et, sans prévisions rigoureuses ni facturation en temps opportun, il peut être plus difficile d’identifier les déficits. Un suivi régulier de la trésorerie en fonction de la taille des contrats, de leur calendrier et de la structure de facturation permet d’aligner le fonds de roulement sur les objectifs de l’entrepreneur et offre une base plus solide pour saisir des opportunités de plus grande envergure. Dans certaines situations, un apport de capitaux supplémentaires peut s’avérer nécessaire ou, parfois, l’entreprise doit demander une augmentation temporaire ou permanente de sa ligne de crédit disponible auprès de la banque.
2. S’appuyer sur des données de coût obsolètes ou incomplètes pour établir les nouveaux devis.
Chaque devis repose sur des hypothèses relatives à la main-d’œuvre, aux matériaux et aux tarifs des sous-traitants. Pendant les périodes de forte activité, ces éléments peuvent évoluer rapidement, ce qui signifie que les coûts ou les prévisions de productivité du dernier projet ne sont pas nécessairement applicables au chantier suivant. Lorsque ces changements ne sont pas communiqués ou mis à jour, les estimateurs risquent de fonder leurs devis sur des hypothèses obsolètes, créant ainsi un écart entre le prix fixé pour la réalisation du chantier et ce qui est réellement requis sur le terrain. Maintenir les données de coût à jour et partager régulièrement les informations recueillies sur le terrain permet aux entrepreneurs de chiffrer les travaux avec précision en période de croissance.
3. Ne pas vérifier le calendrier de construction assez souvent.
Lorsque plusieurs chantiers sont menés de front, des sous-facturations, une baisse des marges ou des décalages dans les délais peuvent rapidement apparaître. Si le calendrier de construction n’est pas examiné régulièrement, ces problèmes risquent de passer inaperçus jusqu’à ce que leur impact financier devienne plus difficile à maîtriser ou à corriger. L’examen périodique du calendrier de construction aide les entrepreneurs à communiquer en temps réel l’avancement des travaux à leurs bailleurs de fonds et à préserver la rentabilité au fur et à mesure que le volume des projets augmente. La mise à jour périodique de ces calendriers constitue un système d’alerte précoce et permet de s’assurer que les décisions financières reflètent la situation réelle de chaque chantier. Il est conseillé de revoir et d’analyser les calendriers de construction au moins une fois par mois.
Les périodes de forte demande permettent aux entrepreneurs de consolider les systèmes et les bonnes pratiques qui les étaieront pendant les mois plus calmes. Profiter des périodes de croissance pour affiner les prévisions, avoir une meilleure visibilité sur les chantiers et mettre à jour les données de coût aide les entrepreneurs à maintenir leur élan, non seulement durant les travaux en cours, mais également lorsque les conditions du marché changent. ▪
Pour plus d’informations, contactez Ronald J. Eagar, expert-comptable agréé (CPA), CCIFP et associé chez Grassi, à l’adresse reagar@grassiadvisors.com, via grassiadvisors.com ou au 516-336-2460.